La fin de la psychose alimentaire

Arrêtons d'avoir peur de manger !

Les troubles des conduites alimentaires ou communément appelés « TCA » sont en constantes évolution, notamment chez les 15-25 ans, chez qui ils représentent la seconde cause de mortalité juste après les accidents de la route.

Dans une société dans laquelle tout n’est que tentation, les aliments s’offrant à nous sans complexe ni retenue, la difficulté est de savoir leur tenir tête, être dans le contrôle permanent face à ses pulsions alimentaires souvent non justifiées sur le plan physiologique et non appropriées. Il ne se passe pas une minute sans que nous n’ayons une annonce publicitaire sur un nouveau produit alimentaire industriel aux effets soi-disant bénéfiques sur notre santé (tromperie), un magazine avec à la Une une photo culinaire ambigüe (manipulation), un article polémique sur les additifs ou les perturbateurs endocriniens sur les réseaux sociaux (peur) etc. Et face à cela, nous devons résister à un étal rempli de produits alléchants bien gras et souvent trop sucrés ou trop salés (tentation).

Dans cette jungle des contradictions, les médias relatent les accidents de TIAC (Toxi-infections alimentaires collectives) dans les cantines de nos enfants et même dans nos maisons, avec leurs steaks hachés contaminés par la bactéries Echérichia Coli.

Tout est fait pour nous faire peur et cela doit cesser !

Je refuse de vivre dans cet environnement stressant et psychotique.

Je refuse de laisser mes enfants évoluer dans cette atmosphère de trouille chronique d’avoir telle maladie ou telle bactérie à cause de la nourriture, initialement source énergétique et de plaisir.

Arrêtons de focaliser notre attention sur le pire au quotidien et orientons les messages délivrés vers du positif, sur des progrès, des avancées, des idées ingénieuses qui permettraient de faire vivre les 9,8 milliards de personnes sur Terre en 2050 (source ONU – Organisation des Nations Unies), les bénéfices d’une vie en harmonie, les avantages d’une culture raisonnée…

Lorsque nous faisons nos courses, nous devons choisir entre le supermarché standard, le discount, le primeur, le magasin bio, l’artisan…. Que doit-on manger ? Comment peut-on être sûr de la qualité nutritionnelle du produit ? de sa qualité hygiénique ? de sa qualité organoleptique (saveur, texture, goût) ?

Et tout cela, nous devons apprendre à le gérer : mais comment fait-on ? Quelles sont les personnes ressources ? Comment s’extraire de cette psychose qui gâche tous les bons moments de vie ?

 

La psychose alimentaire entraîne des troubles du comportement alimentaire (TCA)

Classées dans les affections psychiatriques, les TCA concernent 600 000 jeunes et est la 3ème maladie chronique de l’adolescent après l’obésité et l’asthme. Leurs formes sont plus ou moins sévères, mais ce qui est certain et commun à tous ces troubles, c’est qu’ils procurent des souffrances personnelles et familiales.

Les médias en parlent trop peu, et les médecins sont peu formés sur le sujet. Les structures de soins pour les adolescents maillent le territoire français alors que peu existent pour les adultes. Comment faire lorsque l’on est atteint de TCA et que cela fait 10, 20 ou 30 ans que cela dure ?

Les médecins détectent de mieux en mieux ces troubles de la conduite alimentaire parce que depuis quelques années, l’alimentation est au cœur des problématiques de notre société ainsi qu’au centre des préoccupations des français.

Quelques exemples de TCA

L'anorexie mentale est un trouble du comportement alimentaire provoquée par l'image souvent féminine longiligne des médias.

Photo by Alex Loup on unsplash

L’anorexie mentale concerne 1 adolescente sur 3. L’image corporelle identifiée aux standards médiatisée perturbe et déséquilibre l’acceptation de soi. Les jeunes filles sont obsédée par le poids jusqu’à en perdre tout rapport à leur propre corps, à leurs émotions, à leur être tout entier.

Il est très difficile de s’en sortir mais c’est possible !

Pour la diagnostiquer, 4 critères de base sont retenus :

  • un amaigrissement de plus de 15% du poids et/ou un IMC *< 17,5,
  • une perte d’appétit avec évitement de tous les aliments qui « feraient grossir » (hypercontrôle),
  • une aménorrhée (disparition ou non-apparition chez les jeunes filles prépubaires),
  • une perturbation de l’image corporelle (non perception de sa propre maigreur avec obsession de grossir)

Avec plus ou moins d’autres points remarquables communs à certains groupes d’anorexiques.

 

La boulimie est un état de détresse extrême avec perte de contrôle sur le corps et l'esprit.

Photo by Sharon McCutcheon on unsplah

La boulimie avec vomissement dans 2/3 des cas (poids normal voire légèrement inférieur à la normale) ou sans vomissement (1/3 des cas – poids normal voire légèrement supérieur à la normal en fonction de l’âge et de l’activité physique du sujet). La boulimie touche 1 homme pour 10 femmes, en général aux alentours de 18-20 ans.

Caractéristiques :

  • crise de boulimie caractérisée par de l’hyperphagie (ingestion d’une grande quantité d’aliments en un temps très court)
  • et une perte de contrôle alimentaire,
  • un comportement compensatoire (vomissements, jeûne, médicaments, exercice physique excessif),
  • une perturbation de l’image corporelle (dysmorphophobie) avec une peur panique de prendre du poids

 

L’hyperphagie boulimique se définit par des crises de boulimie sans comportement compensatoire et donc au travers de formes diverses d’obésité corporelle, très mal vécues également par les individus.

Pourquoi ?

1 fois sur 2 les crises d’anorexie compensent les crises de boulimie

Des sentiments de malaise émotionnel, un réel mal-être psychologique, de la culpabilité, de l’autodépréciation viennent s’accumuler en plus de la perte de contrôle en boulimie et de l’hypercontrôle en anorexie. Les recherches scientifiques ont toutes menées à un même constat : la nourriture comble la plupart du temps un manque affectif.

Quel impact économique ?

L’impact en termes de coût des TCA est évalué par Stéphane Bahrami, Médecin de santé publique et économiste, à 5.2 milliards d’euros avec en parallèle, une démarche de réduction des coûts. Alors qu’une campagne de prévention s’élèverait à 200 000 euros seulement donc un gain considérable pour la société en termes d’argent et de bien-être citoyen.

La prise en charge des troubles des conduites alimentaires est pluridisciplinaire : des avancées s'offrent aux malades. Mais il manque de l'argent, de la prévention, des actions de mise en garde auprès des jeunes.

Unsplash

Des solutions sont en train d’émerger dans la prise en charge des TCA

Malgré une grande difficulté à faire prendre conscience aux acteurs de la société, tant politiques qu’industriels, du véritable problème de santé publique que sont les troubles du comportement alimentaire, des solutions sont mises en place petit à petit :

  • La prise en charge devient pluridisciplinaire : nutritionniste, kinésithérapeute, psychiatre référent, psychologue psychothérapeute, groupes de parole
  • Un contrat de soins passé avec le patient, écrit ou non, souvent symbolique, représentant un échange de consentement entre le médecin et son patient
  • La prévention
  • Le diagnostic tend à devenir de plus en plus précoce

Mais ces maladies sont toujours un tabou psychologique et un véritable travail doit être accompli afin de faire connaître leurs symptômes et les moyens de prévention que les pouvoirs publics pourraient mettre en place.

 

La psychose alimentaire conduit à des comportements excessifs, l’orthorexie en est un autre exemple.

 

L’orthorexie, un comportement nouveau de plus en plus répandu

L'orthorexie est de plus en plus répandue : on veut manger mieux, tellement mieux qu'on en oublie ses émotions, ses ressentis, le plaisir de la table, la vie.

Photo by Vita-Marija-Murenaite on unsplash

De plus en plus de personnes se méfient de manière obsessionnelle de tout ce qui est dit en ce qui concerne l’alimentation. Cela entraine des exclusions radicales d’aliments trop gras, trop sucrés, trop salés, des viandes rouges, des aliments industriels à cause des conservateurs, des additifs qui sont pour certains des perturbateurs endocriniens et des cancérogènes scientifiquement prouvés si ils sont consommés à certaines doses, des pesticides… Ces individus sont focus sur tout ce qu’ils mangent, leur manière de les cuisiner, les lieux où les acheter, avec des croyances plus ou moins fondées et justifiées. Ils perdent pieds face au monde dans lequel ils vivent, s’isolent, et souvent mettent en danger leur état physique et mental, et ceux de leur famille.

C’est ce que l’on appelle l’orthorexie.

L’hypervigilance mène à l’hypercontrôle et à un état de stress chronique néfaste pour l’organisme qui sécrète du cortisol jusqu’à saturation et inhibe totalement les sensations corporelles en oubliant même le plaisir – même de manger, la convivialité, le lâcher-prise.

 

Comment orienter nos choix alimentaires ?

Nous sommes submergés de données toutes aussi contradictoires les unes que les autres. Nous devons manger plus sain et pourtant nos terres agricoles n’ont jamais autant polluées.

Nous devrions opter pour de l’agriculture biologique, mais peu connaissent un effet météorologique constaté sur toutes les parcelles de notre territoire : l’effet d’embruns. Nul sol n’est exempt de particules volatiles issus des traitements insecticides des champs voisins. Malgré toute la bonne volonté de l’agriculteur bio, son sol ne sera jamais isolé dans une bulle, sa culture du vent qui parcourt la planète. Les eaux ruisselant, le vent se déplaçant.

Une fois ce constat fait, comment dois-je faire pour éviter d’être contaminés, moi et ma famille, par tous les polluants chimiques employés par les industriels ? Une agriculture raisonnée est sans doute une solution intermédiaire et pérenne.

Me suis-je déjà posé la question : pourrai-je donner à manger à mes enfants sans cette culture intensive ? Y aurait-il assez à manger pour eux si nous devions revenir en arrière et privilégier une culture exclusivement biologique ? Sachant que dans un écosystème naturel poussé à l’extrême, seule une infime partie ne résisterait aux bactéries et moisissures naturelles, comment pouvons-nous imaginer un monde où seules les personnes ayant les moyens de s’offrir ces pépites auraient droit à la nourriture ?

POUR une planète écoresponsable, POUR une réflexion sur une agriculture raisonnée

Photo by Clément Gerbaud on unsplash

N’est-il pas judicieux au 21ème siècle de réfléchir, maintenant, et pas demain, sur les alternatives agricoles en matière d’alimentation citoyenne et équitable ?

N’a-t-on pas le choix de décider de la société que nous souhaitons léguer à nos enfants ?

Ne sommes-nous pas responsables des actes écologiques de notre quotidien ? N’est-il pas temps de nous poser la question sur la pertinence de nos déplacements, de nos voyages personnels ou professionnels, de nos achats en matière d’alimentation (local, supermarché, discount…), du prix réel d’une nourriture de qualité, des impacts citoyens en matière de déséquilibres de tous les écosystèmes de notre planète ?

« N’espère rien de l’homme s’il travaille pour sa propre vie et non pour son éternité. » Antoine de Saint-Exupéry

A nous de décider en conscience.

Comment reprendre la main sur notre vie ?

« Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir mais de le rendre possible » Antoine de Saint-Exupéry

Nous avons tous et toutes le pouvoir de rendre possible ce que l’on désire, si ce que l’on désire est bon pour la planète, pour son pays, pour sa famille, pour soi. La force de nos potentiels se réfugie à l’intérieur de nous, et libre à nous de travailler à leur révélation. Car nous avons tous, en nous, ce champ des possibles, il nous suffit d’aller le chercher et de l’exploiter en s’en donnant les moyens.

Manger est un moment agréable lorsqu’il vient à point et lorsqu’il est ressenti comme un besoin physiologique. Vous avez déjà fait l’expérience de manger au-delà de ce que votre corps ne pouvait accueillir, et souvenez-vous : vous n’éprouviez plus de plaisir la faim passée, vous avez même ressenti un certain mal-être à vous remplir autant, n’est-ce pas ?

Je vous propose de travailler sur votre bulle de lumière intérieure afin que vous trouviez en vous les clés du mieux-être. Vos sensations, vos émotions ne seraient-elles pas la source de votre équilibre physique et mental ?

Pour cela, VOUS devez faire la démarche de prendre soin réellement de vous et d’arrêter de vous soumettre aux choix faciles mais d’opter pour des choix courageux et bienveillants pour vous, votre santé et celle de vos enfants…

Acceptez dès aujourd’hui d’être merveilleusement bien.

Reprendre le pouvoir sur sa vie en faisant le choix du courage de dire non à la facilité. Revivre ses émotions, s'entraîner à cheminer vers sa bulle de lumière n'est-il pas plus salvateur ?

Photo by Johen Redman on unsplash

 

Sources

FNA-TCA Fédérations Nationale des Associations des Troubles du Comportement Alimentaire :

http://www.anorexieboulimie-afdas.fr/annuaire-afdas/ou-s-adresser-en-ile-de-france/96-associations/35-federation-nationale-des-associations-tca

Assistance téléphonique :

http://www.anorexieboulimie-afdas.fr/trouver-de-l-aide/permanence-telephonique

Témoignage 

« Anorexie : 10 ans de chaos » de Barbara Leblanc, journaliste

Définitions

IMC ou Indice de Masse Corporelle : corpulence d’une personne avec différents stades (de la maigreur à l’obésité avec une norme située entre 18,5 et 24,9 kg.m²). Il se calcule avec le poids en kg sur la taille en cm au carré.

Partagez !
Stéphanie GUIBERTEAU
 

Diététicienne nutritionniste diplômée, BIDART (64 - Pays Basque). J'accompagne les femmes et les hommes vers un mieux-être au quotidien, avec écoute et bienveillance. Je vous aide à révéler vos ressources émotionnelles et à prendre confiance en vous afin que vous soyez merveilleusement bien dans votre corps, dans votre esprit et avec les autres. J'ai hâte de vous rencontrer !

Cliquez ici pour laisser un commentaire ci-dessous 0 commentaires